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La Lépi sous Yayi ?


Qui leur a dit que la Lépi connaîtrait un sort différent de celui de la gratuité de l’enseignement, de l’octroi de primes aux travailleurs, de la mécanisation de l’agriculture, de l’achat d’un avion présidentiel, de l’organisation d’un sommet de la Cen-Sad à Cotonou ? Même le dépôt d’un simple décret de transmission de projet de budget à l’Assemblée nationale débouche sur une tempête politique. La réalisation de la Liste électorale permanente informatisée n’avait aucune chance de s’affranchir de cette propension au gâchis des princes du 06 avril 2006. Pour avoir été témoins privilégiés de leur mode opératoire durant plus de trois ans, partenaires au développement, acteurs politiques ou simple citoyen savaient à quoi s’en tenir.

Les velléités paranoïaques du régime vis-à-vis de la chose électorale sont de notoriété publique. En 2006 déjà, un certain Yayi Boni alors banquier-candidat s’était fendu d’une mémorable et pathétique prose appelant à un report du 1er tour alors qu’on se trouvait pratiquement à la veille du scrutin. Une contestation vite retirée de la circulation dès que les résultats prétendument sortis des urnes lui ont accordé 35% à l’issue de ce 1er tour et 75% au second. Législatives 2007, Idji en tremble encore rien qu’à l’évocation de ce souvenir de militaires émergents infiltrés dans tout : transport du matériel électoral depuis les urnes jusqu’à l’encre indélébile, haie d’honneur sur les lieux de meetings du chef de l’Etat y compris collage d’affiche, rabattage de villageois voire violence sur des électeurs ; l’armée aux ordres du Changement. En 2008, les municipales consacrent la naissance de l’Etat-Fcbe sur fond d’insurrection, de séquestration d’élus locaux, de manipulations des délibérés de la Cour suprême.

Au sujet de la Lépi , le docteur-président ne s’est jamais caché de ses intentions. Les indices d’une procédure à la hussarde se distillaient à travers chaque tic du pouvoir à propos de l’affaire. L’adresse à la nation à la veille du 1er août 2008 annonçait déjà, unilatéralement, un imaginaire référendum pour le premier trimestre 2009. Une autre déclaration présidentielle parachevait le dessein à travers un célèbre juron qui stipulait clairement qu’il n’y aurait pas d’élections en 2011 sans la Lépi. Des avertissements qui instruisaient suffisamment les G et F sur les prédispositions de émergents vis-à-vis de cette opération préélectorale d’une importance que tout le monde juge capitale. C’était entendu qu’une Lépi avec les actuels locataires de la Marian équivaudrait à des tourbillons supplémentaires pour le Bénin. Ajouter à la désignation d’un Epiphane Quenum comme représentant de la Rb à la Cps /Lépi. Un cocktail qui immanquablement devrait détonner à terme. Les partenaires au développement quant à eux ont suffisamment lu de rapports quasi cataclysmiques de Rsf, de Transparency, de la Banque mondiale, du Fmi, de Amnesty depuis avril 2006 pour se convaincre d’éviter de se faire emballer dans une aventure que tous savaient vouer à de pires ennuis pour la paix et la tranquillité.

Un espoir cependant pour les opposants : la volatilité des convictions au sein de la mouvance présidentielle. Les émergents eux-mêmes parlent de pluralité, un vaste champ de remise en cause, de traîtrise, de délation et de coups tordus. L’armée de courtisans dont le recrutement au sein des structures décentralisées de la Cps /Lépi déclenche l’ire de Houngbédji, Amoussou, Idji, Sèhouéto, Bada et camarades est loin d’être une assurance tout risque pour le régime. Le pied de nez de députés Fcbe le 12 novembre 2009 à l’occasion de la présentation du rapport du président de l’Assemblée nationale pourtant Fcbe lui aussi est révélateur de l’état du panier à crabes installé à la tête du pays à partir d’avril 2006.

Une Lépi sous Yayi n’est certainement pas la meilleure inspiration !!!

arimi choubadé

Rédigé le 20 novembre 2009