J’avoue ne pas être un as des questions footballistiques. Cela explique peut-être mon incrédulité face à l’annonce de la dissolution de l’équipe nationale de football du Bénin. Mon trouble en prend un grade supplémentaire en apprenant que l’exploit vient de la Fédération béninoise de football (Fbf). N’allez surtout pas demandez à Andjorin Moucharafou de savoir s’il a tenu compte de la réaction de ses compatriotes avant de décider de ce coup dans la fourmilière. On connaît la réponse par cœur : « Le football c’est notre chose, nous les affiliés à la toute puissante Fifa… ». À chaque ministre qui pointe au département des Sports on répète inlassablement que son rôle c’est de payer les factures de l’équipe nationale et de la boucler. Aux supporteurs de se contenter de s’exposer au soleil, se faire bousculer à chaque match international au stade de Kouhounou à l’occasion des éliminatoires de la Can ou de la coupe du monde. Aux joueurs de s’humilier dans les salamalecs et les génuflexions à l’endroit des représentants au Bénin de la déesse Fifa, c’est-à-dire les vénérables messieurs de la Fbf.
Le lieu d’en appeler à tous les experts de la gestion du football pour expliquer le mode d’emploi de la dissolution d’une équipe nationale. Une équipe nationale ne correspond en rien au format classique des clubs professionnels. Au Psg, Sessegnon a un contrat, un salaire, une licence et une prise en charge durant la durée de son contrat. En équipe nationale, on ne lui connaît que son passeport béninois et surtout ses performances dans son club d’origine. Il n’a pas de salaire ni avec l’Etat béninois encore moins avec la fédé. Son seul contrat avec le Bénin reste le passeport justifiant sa nationalité. De plus, il n’est sélectionnable que si le sélectionneur le décide en fonction de sa forme du moment. En d’autres termes, une équipe nationale n’est pas une entité stable, prédéfinie ou préconçue. Andjorin et les siens ont donc dissolu quelque chose qui n’existe pas de façon formelle et inamovible. Les sélections se font match par match. Quelqu’un qui n’est pas sélectionné pour un match n’a droit à rien. Si c’était seulement pour se calmer les nerfs, Adjorin et les siens auraient pu prendre des mesures disciplinaires à l’encontre de tous les récalcitrants que l’on considère comme des menaces pour le groupe. Tant qu’ils ne seront pas en sélection personne n’aurait à subir leurs caprices et ils ne participeraient pas à la dilapidation des ressources de l’Etat comme on semble le faire croire depuis l’expédition angolaise. On voit mal, Damien Chrysostome se payer un billet d’avion et des frais d’hôtel de sa poche pour un regroupement de joueur auquel il n’est pas appelé par le sélectionneur. Une crise inutile dite de dissolution n’était pas nécessaire pour aseptiser le Onze national si tant était réellement les objectifs.
Cette affaire de deux milliards dont on bassine les Béninois à longueur de journée est proprement ragoûtante. Les offensés autoproclamés de la fédé évoquent la bagatelle de 30 millions par joueur. Soit ! Un calcul rapide nous amène à 690 millions pour les 23 sélectionnés pour Angola 2010. Ajoutés aux frais d’hôtels, au transport, à la restauration et autres frais liés à l’entretien de la troupe, les enfants n’ont pas coûté le milliard. Des gens les ont bien aidé à bouffer l’autre moitié et plus de la cagnotte. A cette autre moitié aucune récrimination. Mais ces soubresauts ne peuvent jamais faire oublier que l’histoire du foot béninois sur la scène continentale n’était qu’une page blanche et les profondeurs aux classements mensuels de la Fifa jusqu’à la première participation à une Can en 2004. Rien que pour cela, pour les trois Can que votre génération a offertes aux Béninois en l’espace de 6 ans, messieurs les Ecureuils, vous méritez de vous payer la tête de qui vous voulez, à la fédé, au ministère, à la présidence, partout où gravitent des profiteurs de vos prouesses.
Les héros, c’est bien vous, Ecureuils !!!
arimi choubadé
Rédigé le 09 février 2010